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vendredi 2 avril 2010

c'est tout vu : mars 2010


Ah le beau mois qui brille la beauté brillante de ce qui brille et qui est beau !

Jugeons sur place, veux-tu bien petit(e) curieux(se) ?

Zou :
Tout commence avec un Losey des familles, où un petit gars fait des allers-retours en bon pigeon. La classe anglaise. J'ai particulièrement apprécié la construction, avec ce saut temporel d'une légereté inouïe. Impeccable. Le mois semblait acquis à ce master truc, donc. Mastodonte mastoc.

Le Messager (the go-between) - Losey - *****

Ensuite, je tiens mes engagements, j'ai vu ce film dont je parlais le mois dernier, Cisco pike. ce n'est pas le chef d'oeuvre de la décennie, mais c'est d'une coolitude à toute épreuve, grâce à Kris Kristofferson, à ces années là, à cet endroit là. Très bon moment (et le dvd est un zone 0 avec des stf)
Cisco Pike - Bill L Norton - *****
Comme un mois sans waters, c'est nul, j'ai revu la toujours sublimement méchante :
Serial Mother (serial mom) - Waters - *****

Petite godardite aigüe, très classique chez moi, j'ai enchaîné, outree la bio de De Baeque :
La contestation (sketch l'amour) - Godard - *****
où un très gros plan sur un 33 tours suffit à me faire chavirer
et puis :
Morceaux de conversation avec JLG - Fleisher - ***+ (pour le doc de 1h58 lui même, pas pour le reste du coffret)
Je vous salue Sarajevo - JLG - *****
Dans le noir du temps -JLG - *****
Puissance de la parole -JLG - *****

Je me suis retapé :
Au revoir les enfants- Malle - ***
La grosse poilade, par conséquent... Quoique, je l'ai trouvé un peu mieux que d'habitude...

Poursuite de ma découverte de Super-Mann avec le tout à fait formidable Homme de l'ouest, malgré un Gary Cooper aux yeux trop faits. Meilleur encore que le Losey, il lui piquait sa place de film du mois.
L'homme de l'Ouest - Mann - *****

Place qu'il n'a pas occupé longtemps, car -et ce n'est pas tous les mois, tous les ans, qu'on tombe sur un chef d'oeuvre - j'ai regardé, sans penser que ce serait aussi fantastique :
Sherlock jr - Keaton - *****
( + the High sign - Keaton - *****)
Quel film !! ça vous requinque pour un moment un truc pareil ! Une invention à la seconde, une liberté folle et totale ! J'avais déjà vu de bos Keaton, mais à ce point-là, non, jamais ! C'est à voir ABSOLUMENT ! c'est drôle, fou, c'est de l'invention de langage pure, c'est pour des films tels que celui-ci qu'on devrait réserver le mot de "génial" tant le génie est partout !

Après forcément, des chroniques adolescentes du début des 70's comme celles-ci, c'est tout de suite un peu terne.
Les doigts dans la tête - Doillon - ***+
Les Zozos - Thomas - ***+

Même Tarantino est terne à côté. Et ce n'est toujours pas avec ce film qu'il me convaincra. Moins puant que le précédent que j'avais détesté, ça ne casse pas trois couilles à un chameau pour autant.
Inglorious basterds - Tarantino - **+

Pour trouver un réel éclat cinématographique en cette fin de mars pouvant tenir la distance avec le Keaton sans friser le ridicule, il faut taper haut. C'est ce que j'ai fait avec le formidablement naturel :
Le fleuve -Renoir - ****+

Beau mois, je vous disais. Avec 4 grands films découverts, mars tiendra bien sa place dans le bilan annuel !
et n'oubliez pas de voir Sherlock Jr au plus tôt...

mardi 2 février 2010

C'est tout vu : janvier 2010


Un petit mois pour le cinéma, mais un mois assez intensif pour les séries puisque "Breaking Bad" a occupé de nombreuses soirées. Deux saisons d'affilée.
La série est atrocement addictive et de grande qualité. Les scénaristes sont à bloc, même si déjà un peu truqueurs avec des fast forwards en pré-génériques qui se révèlent de grossiers Mc Guffins. Les effets lourdauds de mise en scène lors des séances de "cuisine" tendent à disparaître, toutefois, il faut bien l'avouer, la série tient debout plus par son scénario aussi barré que son personnage que par sa réalisation. Un épisode se révèle plus sobre, étonnamment réalisé par John Dahl (Last seduction, Red rock West...), réal habile et talentueux pourtant peu enclin à la sobriété.

J'attends donc la saison 3. Mais, avant, il faudra finir celle de Mad Men. Il est d'ailleurs à noter, qu'outre John Dahl pour Breaking Bad, j'ai vu les noms d'Agnieszka Holland dans The Wire et de Barbet Schroeder dans Mad Men. Tout cela sent bon le mélange oedipien ciné/télé pour la décennie qui commence. Soyons optimistes.

Pour le ciné, c'est le père Renoir qui emporte la mise. Quand je dis, le père Renoir, il s'agit bien sûr du fils, le père produisait des images plus statiques.

J'ai vu deux courts. Sur un air de Charleston est un films de science fiction (se déroulant en 2028, whouhou) où un homme noir venu du futur apprend le charleston d'une jeune fille rescapée parmi des ruines. Bof. Très amateur dans la réalisation, il tient par son scénario aussi,.. mais pas longtemps..
La grosse surprise est venue de "La petite marchande d'allumettes", un court absolument merveilleux. Renoir prend Andersen comme prétexte, en récit cadre (déjà sublime), pour intercaler un long épisode de rêverie/agonie. Il se laisse aller alors à une série de tableaux oniriques (ce que je déteste, habituellement), maniant les techniques issues du cinéma d'avant-garde avec beaucoup de finesse. Un film entre Chaplin, Vigo et Richter.. Rhaaaaa lovely !




Rien à voir avec la choucroute, un autre moment HéééééééééééNooooooooooooormeeeeeuuu du mois fut la vision de "A dirty shame", le dernier John waters en date que je n'avais pas encore vu. J'aime cet homme. Qui est capable d'une telle furie verbale, sexuelle et délirante dans le cinéma actuel ? C'est gros, gras, drôle (très), con (très), toujours mal foutu, bricolé avec les pieds, joué avec les yeux. Forcément, le film fut fraichement accueilli, comme d'habitude, mais, ne nous y trompons pas, c'est du Waters, donc, comme toujours, du grand cinéma, héritier de Jarry et dada, de pipi et caca. Punk.



Samuel Fuller m'avait enthousiasmé avec "Le port de la drogue" il y a peu... Ses "Quarante tueurs" m'ont bien moins convaincu... Je ne saurais dire pourquoi... On va laisser passer un peu de temps dessus, on verra comment il vieillit.


Vue aussi, la version TV du Lady Chatterley de Pascale Ferran, trois heures qui passent en vingt minutes. Un des plus beaux films de la décennie précédente, je le rappelle, le souligne et le confirme.

Vicky Christina Barcelona surprend : un Allen qui sort des sentiers battus, on s'en réjouit. Puis, au final, on se demande si c'est pas mieux quand il reprend le sentier battu (Whatever works, par exemple), car cette escapade à Barcelone est légère, certes, légère. Légère. Pfuiittt...

Pour le reste, j'ai revu Brigadoon avec plaisir et découvert Juno sans bouder mon plaisir,..

Lady Chatterley et l'homme des bois (version TV, 220min) - Ferran -*****
Quarante tueurs (forty guns) -Fuller - ***+
Vicky Christina Barcelona - Allen - ***
Brigadoon - Minnelli - *****
La petite marchande d'allumettes - Renoir - ***** (chef d'oeuvre)
Sur un air de charleston - Renoir - ***
A dirty shame - John Waters - *****
Juno - Jason Reitman - *****

Series :
Breaking Bad season 1&2 - ****