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mercredi 5 septembre 2012

Un chatouilleux pinceau mal placé

"Plus que l’écriture blanche, une écriture transparente, un non-style revendiqué ou assumé qui, pour le coup, contraste avec celui, devenu classique, du plus lyrique des écrivains contemporains. Sans doute, ceux qui pensent encore qu’il faut impérativement un style (une langue disent-ils parfois) pour faire de la littérature - comme ils pensent sans doute qu’il faut un bon coup de pinceau pour faire de la peinture - trouveront-ils ce livre plat, voire indigne, insuffisamment littéraire." écrivait Sylvain Bourmeau dans sa critique du premier romain d'Aurélien Bellanger dans Libération, le 22 août 2012.

 "Sans le recours au beau style. Sans le paravent de l'esthétique." (Nicolas Demorand à propos du denier bouquin d'Angot, Libération, le 3 septembre)

Voilà mis en évidence, l'inanité du discours de certains journalistes se prenant un peu vite pour des critiques littéraires, parce qu'ils ont un copain Michou, un avis sur le livre qu'ils viennent de lire et de comprendre (certains font un peu mal à la tête).
Et ce discours là, celui du journaliste improvisé critique littéraire, inonde cette rentrée littéraire dans la presse.
Le premier à en faire les frais est Laurent Binet dont le dernier livre  -les journalistes le pensent, en sont sûrs - serait aussi, négativement cette fois-ci, insuffisamment littéraire (cf Libé, le Monde, Les Inrocks où Audrey Pulvar, certainement en manque de grain de sel depuis son départ de chez Ruquier s'y met aussi en édito). Il manque des négations, c'est ça ? Ce n'est pas un "roman" ? (car pour bien de ces gens là, littérature = roman, car déjà, bien sûr, la littérature, est limitée aux livres). Parce que le sujet est politique, l'avis du journaliste politique peut supplanter celui du critique littéraire, allons-y les amis.


Il y aurait donc une jauge journalistique qui permet d'évaluer le taux de littérarité en fonction de la quantité de "langue" utilisée pour produire de la littérature.

Je me pince.
/ peu d'effet /

Je me bouffe une couille.
/ on repart /


"il faut impérativement un style (une langue disent-ils parfois) pour faire de la littérature - comme ils pensent sans doute qu’il faut un bon coup de pinceau pour faire de la peinture"

La langue n'est pas un outil en littérature, pas un truc avec un petit manche en bois et du poil au bout, pas un truc japonais qu'on déplie pour masquer un bout de fesse non plus. La langue EST la littérature et la littérature EST la langue. Il n'y a de littérature que dans la langue, par la langue, de la langue. Il ne peut se concevoir de littérature hors de la langue.  
Un steak est fait de viande.

Je ne sais pas ce que vaut ce bouquin de Bellanger, qui me fait peu envie, mais même sa "transparence" (putain, déjà qu'on se fadait l'écriture blanche chiante comme un cul de laitière) est une langue en soi, un style et non un "non-style". Il est possible (mais rien n'est jamais sûr) que je ne l'aime pas plus que celle, toute bien pourrie, du mou Michel, mais loin de moi l'idée de lui refuser le statut de "langue", bien au contraire.
Pour Bourmeau, Demorand (et consorts*), le style, la langue ne peut être qu'artifice, joliesse... Évidemment, une telle conception, catastrophique, de la littérature existe, chez mémé. Évidemment, ça ne donne pas de la littérature, puisque ce n'est pas ça, la langue, la littérature. Qu'un journaliste écrivant des critiques littéraires puisse concevoir ce qu'est "le style", "la langue" comme pourrait le faire un élève un peu perdu de quatrième C, voila qui est effrayant. Le style, ce "truc en plus" ajouté au discours.... On va bientôt avoir droit à la distinction fond/forme ? à la poésie comme onirisme ? à la recherche formelle comme onanisme ?


  Alors, lorsqu'on vante ici tel ou tel (Angot, Adam, Bellanger...) à tort (ou a à raison qui sait), je piocherai à raison (ou à tort, on verra), personnellement pour ma rentrée littéraire chez ceux là : Emmanuelle Pireyre, Mathieu Larnaudie, Claro, Marie Simon, Claire Guézangar, Lancelot Hamelin, Laurent Binet, Patrick Deville, Jérome Ferrari...

Et je suivrai, curieux, les avis des critiques littéraires compétents : ils ne m’intéressent pas tous, ont souvent des goûts différents des miens, mais certains,  y compris dans ces journaux sus-cités, restent des gens ayant au moins une conscience réelle de ce qu'est la littérature, la langue.

Et je relirai mille fois "A quoi bon encore des poètes ?" de Prigent, et "Ma langue est poétique" de Tarkos. Ce que devraient bien faire certains, au moins une fois.




* Rappelons nous, enragés, l'avis de cette dame niaise sur, il me semble, le livre de Maylis de Kerangal, au Masque et la plume ("il n'y a que de la langue", disait elle en substance ....)










vendredi 30 avril 2010

Rattrapage : tina, scenics, folk UK, Bonnie Prince et rosé

Rien depuis longtemps, rattrapons nous.
En lecture, rappelons que TINA est une formidable revue et que le dernier numéro de la première formule est sorti et reste à lire, comme les 5 précédents, en attendant la prochaine mouture.
http://www.editions-ere.net/tina

Dire aussi que j'ai ramené le dernier UNCUT d'Angleterre où je fus, avec quelques bonnes trouvailles musicales à la clé.
Première pépite, une chanson des Scenics qui arrive à mêler Velvet et Flamin'Groovies, une vraie tuerie : Do the wait. Unfortunately, le reste de la discographie du groupe de Toronto est bien pâlichonne à côté. J'ai creusé, creusé, et je ne suis tombé que sur du sable informe.


Éventuellement, plutôt que de tenter les albums, vous pouvez enchaîner sur ces 20 minutes live en 2 parties ("do the wait" arrive vers 6:30 de la première partie). Mais c'est pas non plus folichon, folichon...




Autre découverte, deux albums de Folk récents :
Celui de Trevor Moss & Hannah Lou a un côté totalement désarmant, à l'image de leur clip, on ne sait pas où est la frontière entre la modestie la plus totale et la pose de la modestie :

autre titre en vidéo, Concorde. Non pas la place, le navion :

C'est donc frais et dispo comme un rosé avé des glaçons, et ça me convient parfaitement comme souvenir from UK. (oui, je mets des petits trucs en anglais dans mes phrases pour faire style "je n'arrive plus à parler français", ce qui n'est pas le cas, c'est juste une pose ridicule, un de ces poses qu'on ne trouve pas chez eux puisqu'ils sont anglais. Quoique, ils pourraient passer pour de jeunes américains traversant Bleeker ou McDougal en 1963, au village)
L'album est en écoute sur deezer :
http://www.deezer.com/fr/music/trevor-moss-hannah-lou/trevor-moss-hannah-lou-50412

Autre album (pas sur deezer, celui-ci, mais chez Spotify, il faudra vous fader leurs pubs à la con), celui de Jack Mc Neill & Charlie Heys, "the Northern road". On est plus dans le folk folklorique, avec un violon, et la tradition anglaise, mais cela est fait avec tant de force, de conviction et un réel talent que ça vaut le coup d'oreille...
Je ne peux pas me laisser dire ça sans le prouver, zou :


Mais il faut avouer tout de même que les CD qui ont tourné ce mois-ci sont le dernier Hey Hey My My,ceux de Boogaerts dont je redécouvre le fabuleux "I love you" après l'avoir un peu boudé à sa sortie et, most of tout et le dernier mais pas le least, "the wonder show of the world", le Bonnie Prince Billy cuvée 2010. Une cuvée que je qualifierais de de "nevadienne"... Le Nevada étant l'état précédent la Californie. Cet album est presque Californien, il y va s'en y croire. Il s'arrête juste avant, sur les dernière montagnes de la Sierra Nevada. Il plante sa tante, construit sa cabane et imagine le rivage.
Vous le voyez là, à Reno... Il est là, tranquillou & pépère, à boire son rosé en terrasse, avec ses glaçons, sans se douter que dans quelques secondes Johnny Cash va le buter, just to watch him die.

L'enchainement à partir du titre 4 est indécent de beauté... La 2 est la seule faiblesse (et encore, ça se discute) de l'album.

Mais j'ai trop écrit, je vous parlerai du nouveau site de sorrybut une autre fois, du coup.
Prochain post ; les films d'avril avec du Mann, du Lewis, Du Melville, le dernier Scorsese etc.

vendredi 5 février 2010

ce qui secret

ça fait un petit bail que je n'ai pas causé poésie. J'aurai des choses à dire, notamment autour de "contre-mur" ou "contre-pied", mais attaquons par CE QUI SECRET.
http://www.revue.cequisecret.net/
Je vous invite à découvrir cette revue, en ligne, et, depuis peu papier (je n'ai pas encore le papier, ça ne saurait tarder).
L'enthousiasme et la qualité des choix me rappelle une dizaine d'année en arrière, où j'avais encore le temps et la gnaque pour. Les relèves sont rares et à soutenir massivement.
De plus ils co-éditent aussi des drôles de trucs avec La rue blanche et O'liobrius dont je reparlerai aussi.
Mais d'ici là, vous aurez épuisé le lien ci-dessus.

Pour les fans, BoXoN 25 sort dans quelques jours, avec une couv qui va, bien heureusement, être bien décalée dans les étals des revues chics.

vendredi 18 décembre 2009

x aime son statut sur son mur

Je tombe (par la liste e-critures)sur une oeuvre de webart de Nicolas Baudouin, toute simple et plutôt rigolote qui rappelle la série l'Art doute* de Gilles Dumoulin, mais à la sauce Facebook.


La série complète de Baudouin est ici, elle s'appelle "portraits sans liens"



* Pour les amateurs, une autre série de l'art doute de Dumoulin

jeudi 17 décembre 2009

Le beau et le bien et Lebel


Etant à Paris hier, j'en ai profité pour mater l'expo "soulevements" de JJ Lebel à la maison Rouge.
Mazette.
L'expo Lebel est bel et bien bien.

Le bon Lebel attaque, marteau, par nous en suspendre au dessus de nos têtes -suspense- alors que l'on mate de belles barricades établies, du pavé arraché, du bitume soulevé.

Accueilli par une pisseuse jaillissante fontaine faisant face à des bibelots et objets formidables, entre broutilles et merveilles, recup et oeuvres (dont deux de Charles Dreyfus, yes), on tourne on trouve des manuscrits illustrés d'Hugo et Chuck Baudelaire, mais aussi du Ginsberg, du Burroughs, et la voix de Gherasim Luca, reconnaissable entre 1000 millions qui nous appelle, avant de voir ses cubes collés, et du picabia, et des cadavres exquis de Tanguy, et du Michaux sous tropes.

Un cube de Venus transformistes, tantôt Betty Page, figures de Matisse, ou inconnues se déforment sous les yeux d'une statue de la liberté à tête d'André Breton qui HOOQ avec Rrose Selavy sur son ouvrage.

et ça continue avec des obus, une bague sculptée par Apo (yes!) sur le front, un cabinets de curiosités plein de vilains défauts, un bel espace dada (re-yes), on garde des traces des Happenings, des polyphonix avec des noms familiers (Heidsieck, Blaine, Metail, Dufrêne, Tarkos...)

et on tourne -silence - et de nouvelles pièces se dévoilent comme ses Venus dont un grand ensemble plein de bon flux fluxus (Yoko O, Filliou, Andersen,...) et poétique autour de la carlingue folle de la caisse de Felix Guattari, et au dessous, caché, les maux du momo et ses mots, art et Artaud car il aime Artaud

il est marteau, oui, au dessus de nos tête au départ et sous nos pieds à la fin.

Parigots, tête de veau (sauce revigote ravigorante), allez y, vite fait, c'est bien fait, ça se pose là.

-
Puis, tant que vous y êtes, longez le quai et, une fois arrivé à Bastille, traversez la place et allez à Pensées Classées, 9 rue Jacques coeur, et achetez ce que le libraire vous conseillera, les yeux fermés (pour l'achat, les yeux fermés, pas pour la lecture, bien sûr, bââânane !)

mercredi 9 décembre 2009

Tout augmente, ma p'tite dame



Inflation
, d'Hans Richter. 1928.

Pas besoin de commentaire, hurle !

dimanche 6 décembre 2009

là est la moitié de la question


entre être ou n'être pas, prenons n'être pas.

En quoi vous n'êtes pas, n'êtes pas ce que vous pensez être, ce que les autres pensent que vous êtes, que vous n'êtes pas ?

En quoi un oeuf n'est pas Alain Juppé ? En quoi une poule n'est pas Shakespeare ?
Qu'est ce que n'être pas une turbine magnétique ?

Ce sont des questions que je me pose souvent pour écrire. Je pars souvent de ce qu'est ne pas être.

Or.
dans ma boîte, ma nouvelle boîte aux lettres blanche sur son vieux pied vert, j'ai reçu hier "n'être pas".
n'être pas (poèmes logiques) accompagné de 28 portraits du poète sur son tabouret par Marie Hélène Dhénin

Cette Marie-Hélène Dhénin étant la dame. LA dame de portrait d'une dame du même. Ce même, c'est le poète assis sur son tabouret, Alain Frontier.
Alain Frontier est l'auteur de "La poésie" qui est un ouvrage indispensable puisqu'un amateur de poésie ne saurait s'en dispenser et un non-amateur de poésie ne saurait l'être bien longtemps une fois indispensé de l'ouvrage. Point.
Le même est l'auteur de la grammaire la plus complète et la plus savoureuse à lire, de très loin. Elle vous permet d'ailleurs de dire sans mentir dans un dîner des phrases du type "Hier, j'étais encore plongé dans une grammaire passionnante". Vous passerez pour cuistre, mais, intérieurement, vous saurez que vous ne l'êtes pas, cuistre puisqu'elle l'est.

Le même -mais est-ce bien le même puisqu'il n'est plus celui qui les écrivit, plus tout à fait le même, pas tout à fait un autre- écrivit ce "portrait d'un dame", réédité par al dante il y a quelques années, un ouvrage de grand malade sur lequel je vous conseille de vous renseigner avant de le dénicher (comme tous les al dante de cette période, c'est à sauver des décombres), de le lire, par poignées.

N'être pas
n'est pas du tout un roman d'aventures parce que ce n'est pas un roman et qu'il n'y a pas vraiment d'aventures. L'auteur de ce texte étant assis sur un tabouret, les pirates ne se pointent jamais. L'auteur de ce texte, c'est lui, et non pas moi qui ne suis que l'auteur de ce texte, même si je dis je et pas lui. (je ne mets pas les guillemets attendus ici à "je" juste pour faire mon malin, nous sommes bien d'accord)

n'être pas n'est pas un texte que vous avez déjà lu, parce que vous ne l'avez pas lu (pour ce que j'en sais) mais également parce que vous n'avez pas lu de textes comme "n'être pas".

n'être pas n'est pas un polar parce que des bombes et des victimes et du noir et du sang ne constituent pas l'essentiel de n'être pas, ni d'un polar.

n'être pas n'est pas un poisson pâné surgelé puisqu'il ne dégage aucune odeur de graillon de la mer quand on le fait frire sur une poëlle bien chaude.

n'être pas n'est pas une tranche triste car on se poëlle, bien.

n'être pas n'est pas une partie de rigolade car il contient une page sur Bruno Montels, qui n'est plus, qui est, mort. Mais qui est, encore, grâce à la langue, la sienne et celle de Frontier.


n'être pas n'est pas du compost, même si ça fait un peu grandir, que les herbes y poussent.

n'être pas n'est pas donné, 20€, mais il m'a été donné et vous aussi, vous pouvez aussi le donner, car il est beau, bien fait, bel ouvrage, beau cadeau, dès lors, ce sera donné, 20€, pour un tel présent.

n'être pas n'est pas ne pas être

n'être pas est.

Il me rappelle l'univers des courts de Moullet, la mort du jardinier de Lucien, l'art d'être grand-père de Blaine, le une histoire vraie de Lynch et le dernier album de John Prine avec Mac Wiseman et, oui je n'ai pas mis d'italiques juste pour faire mon malin entre le et une, nous sommes d'accord.

Je m'arrête sans avoir dit un centième de ce qu'il faudrait dire et en ayant parlé de poisson pâné, j'ai honte, il faudra y revenir, mais il est tard.

LE conseil poétique du soir est donc
ALAIN FRONTIER : n'être pas (poèmes logiques) accompagné de 28 portraits du poète sur son tabouret par Marie Hélène Dhénin

publié aux éditions de la maison chauffante qui font de très beaux livres, avé du tissus sur la tranche, et tout et tout.
http://www.lamaisonchauffante.com

dimanche 15 novembre 2009

poches et pas poches



L'occasion du lancement d'un collection de poche au Quartanier est bonne pour rappeler que cette maison d'édition de Montréal est indispensable.
Et parmi ses auteurs indispensables, deux ressortent en poche leurs premiers livres : Renée Gagnon et Alain Farah

Deux auteurs dont les deux livres parus en 2008 sont indispensables :



Peut-on donc sérieusement se dispenser de l'indispensable ?
Je suis trop à la bourre aujourd'hui pour développer. Mais j'ai déjà pris le temps, il y a un an, de rédiger une critique du Matamore n°29, tant cet ouvrage est merveilleusement bien construit (et indispensable). Cela fait un an que je clame à tout va un peu partout qu'il faut le lire. J'espère être entendu, un peu. Le livre commence dans un drôle de fouillis et finit dans une mise en ordre crépusculaire. Avant la nuit, on y aura croisé des soles et des patators, des Alains en veux-tu en voilà, en revoilà, attends, en voilà un autre pour la route, un copain disparu, du canard, Kennedy et Scarlett en jupe.
Quant au "McQueen", il faut aussi le voir pour le voir pour croire ce que l'on voit et entendre ce qu'on croit voir, si elle passe près de chez vous.

mercredi 28 octobre 2009

Ginsberg-ceuses


Connu pour la fameuse "anthology of american folk music", on doit à Harry Smith l'enregistrement de nombreuses autres perles. Et pas seulement en Country et en folk.
L'accès aux disques Folkways dévoile un drôle de disque de taré...
Un disque à côté duquel un enregistrement sauvage de Daniel Johnston passerait pour du Burt Bacharach symphonique.
Il s'agit d'un album de "Blues" (enfin... c'est ce qu'il y a écrit....) enregisitré par Allen Ginsberg.
Le poète Beat y chante ses textes en s'accompagnant lui-même à l'harmonium. Autant le dire tout de suite, ce n'est ni Muddy Waters ni Elliott Smith, c'est Allen qui s'y croit... Le disque me rappelle, et ce n'est pas étonnant, les quelques enregistrements que j'ai entendu du méconnu André Martel, papafol du paralloïdre, qui se prenait le temps d'enregistrements sauvages sur des K7 pour un Tino Rossi malade, chantant des odes à L'Aïoli.
Ici, pas d'Aïoli, Ginsberg préfère les champignons. ça s'entend un peu.
Les premiers titres sont justes étanges.Mais, si vous n'avez pas le courage ou la composition suffisamment solide pour tenir jusque là, sautez directement au GENIAL "Put your cigarette rag", où Allen G. fait le couillon magnifique incitant l'auditeur à fumer de l'herbe plutôt que de la nicotine.
L'album est en écoute là. "Put your cigarette rag" est le quatrième titre.

Il chante comme un casserole et joue de l'harmonium comme un enfant de choeur ivre. Voilà à quoi aurait pu ressembler l'album de Noyel de Dylan avec un peu de jugeote...

vendredi 23 octobre 2009

Petits merdeux


BoXoN, c'est une revue et un collectif, mais c'est aussi un nom ET une graphie depuis 1997.
Qu'un groupe de Rock prenne également ce nom, pas de souci, au contraire (un autre avait pré-existé).
Que ce groupe de "rock" fasse de la néo-variétoche 60's pour minettes, tant pis pour eux.
Qu'ils passent sur M6 et à la Radio, tant "mieux" pour eux.


Mais qu'ils nous piquent notre graphie, avec notre X et notre N majuscules, là, les petits minuscules, faudra pas se plaindre de croiser "le Zaroff", parce qu'il va être méchant... Vous êtes vaccinés contre le tétanos ? Parce que sa barre de fer risque d'être rouillée lors de la déverrouillée.
ça va saigner. Les points de suture parviendront-ils à refermer les plaies de son envie d'en découdre ? Pas sûr. Filez, loin.


Alors, les petits gars, si vous tombez sur ce post, pensez à changer votre graphie avant que Le Zaroff déboule. Il a le vin mauvais.
Grrrrrrrrr.....

Précision désormais nécessaire : Non, nous n'avons rien à voir avec ces minets. On ne bouffe pas du ronron, nous & on carbure à la vinasse.

dimanche 11 octobre 2009

Lachez les chiens (savants) !


Dans le cadre satellitaire de la Biennale de Lyon, Cyrille Bret faisait une lecture / performance il y a quelque semaines au Flac à Villeurbanne, avec en guest star Gilles Cabut, et Sophie Nivet.

Le Topo sur cette action est dispo là

Mais, surtout, vous pouvez voir les 35 minutes dans leur intégralité en ligne et télécharger le supplément de BoXon tiré à cet effet pour suivre en même temps, comme si vous y étiez !
c'est pas beau ça ?

Voir Cyrille se démener pendant une demi-heure comme un petit roquet, parfois accompagné par le flegme très dogue allemand de Gilles, c'est une belle facette de BoXoN visible en ligne...

Régalez-vous !

jeudi 8 octobre 2009

Sisters'n Roll

Ich bin not un parisien du tout at all. But pas du tout du tout, alors !
Aber, comme il y en a beaucoup sur cette terre, et notamment en France, notamment à Paris, je me dis que, comme les parisiens s'emmerdent à ne pas savoir quoi faire dans ce trou, j'allais être grand et fort et leur donner un tuyau : la semaine chopraine, ActOral 8 arrive !
Si je ne peux me prononcer sur la totalité de la soirée, je peux du moins vous conseiller d'y aller à partir de 22.00.
De 22.00, mes copines venues du froid, Renée Gagnon & Mylène Lauzon proposent une création que j'ai eu le grosseuh malheur de rater (Somme : soeurs). Connaissant les miss, il faut s'attendre à du très bon.
Puis, A good shot of rock'n'roll'n'folk avec Oh!Tiger Mountain, vu l'an dernier dans ce cadre. On a rarement vu rockeur marseillais si américain. Son EP, acquis contre un PasBilly, m'a fait passer l'hiver dernier au chaud, et, oh!tiger bonne nouvelle, il est audible sur deezer, chez mon ami deezer,.

Deezer qui annonce 3 titres de plus pour le 23/10.

Un bon aperçu ? c'est parti mon kiki !


Vous ne croyiez tout de même pas que NotBilly avait perdu la main en piochage de rock !

Dépasser les bornes

Entre ActOral et les cafés littéraires, la semaine passée fut riche en lectures de tous poils.
Poils ras (rasoir passé), poils loooooongs (une heure de romancière ar-ti-cu-lant bien, c'est rude), poil soyeux (Patrice Luchet), poils électriques (Suel), poils neufs (Sorman, très bien).

Commençons par la part de surprise. Une lecture au poil.
Elle avait lieu dans une caravelle, pleine, l'auteur, Arno Bertina, en stewart de luxe, arpentant l'allée centrale. Il s' attaque au texte, en précisant qu'il est habituellement lu à deux voix. On se dit alors que le monsieur à tort. Tort de tordre un dispositif, tort de lire seul un texte pour deux. Un dispositif, ça s'écrit.

Puis on écoute. Un simple aller-retour de quelques pas distingue les deux voix, une lecture posée/ une lecture hélée. Et là, plus de doute. C'est bon ainsi, seul.

La lecture est belle, simple et surtout pensée et écrite. On se rejoint. Le texte est nickel. Ecrit à partir de photographies de Ludovic Michaux, là aussi habituellement projetées, le texte se suffit à lui-même : la projection serait, on le devine, redondante.

Le constat est clair, Pat est d'accord, "on" a plus de liens avec cette littérature là, venue du roman (pas de n'importe où non plus, chez Verticales, entre autres) qu'avec certains collègues du front, même talentueux.

Je me suis pris le livre, l'imprimé. Mais j'hésite à l'ouvrir, peur que l'écrit reste et envole les paroles.
J'en prendrai d'autres.

La lecture double, de Lucien Suel et Patrice Luchet fut un régal.
Patrice est incroyable. Il y a chez lui une furieuse folie dans la prise de risque. Extrêmement construite, sa perf débute par des excuses : il dit ne pas être lui-même, mais son frère, venu le remplacer au pied levé pour lire ses textes. Il tiendra la distance juqu'au bout, commentant ses textes, les critiquant, il enchaine sur de nombreuses fausses lectures (ses carnets sont vides), tentant de lancer un chœur dans le public. Un vrai numéro de funambulisme littéraire créant cette même empathie/sympathie avec le public que l'acrobate couillonnant sur son fil.
La littérature comme une mise en danger, comme une sculpture sociale. Très fort.

Inviter Lucien était mon petit plaisir. Ne l'ayant pas vu lire depuis 10 ans, c'était l'occasion de revoir tout ce que j'aime. Un texte très amusant et bigrement bien construit sur les tournures interro-négatives, des aphorismes débiles, un extrait de "nous ne sommes pas mort" et son célèbre "Pattismit" que je n'avais jamais pu entendre.

Profitons de l'occase pour recommander, une fois encore, La mort d'un jardinier, texte aussi fulgurant qu'une crise cardiaque, en plus joyeux.

Riche semaine.


Une lecture du "pattismit" à Beauvais.

mercredi 7 octobre 2009

Ray of light


Ce premier jour de blog a le mauvais goût, amer, salé, de confirmer ce nom choisi.
Je viens d'apprendre par Laure la disparition de Raymond Federman. Outre le fait qu'il fut un homme ouvert, sympathique, curieux et brillant, il était aussi un auteur magnifique.
La Fourrure de ma Tante Rachel, entre autres, restera comme un des grands livres de la fin du XXeme siècle. Une lecture indispensable.
Ami de Beckett, homme au destin incroyable, inventeur de formes, bavard littéraire et romancier d'une drôlerie rare, c'est un éclat de rire qui se brise.

Ma bière est bien trop salée ce soir.