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mercredi 8 juin 2011

C'est tout vu : mai 2011


Autopsie d'un meurtre (anatomy of a murder) - Preminger - ****+
En route pour la gloire (Bound for glory) - Hashby - ****
La rue de la mort (Side Street) - Anthony Mann - *****
Hot Fuzz - Wright - *+
Association criminelle (The Big Combo) - Lewis - ****+
L'enfer est à lui (white heat) - Walsh - ****+
Les derniers jours du Disco (last days of Disco) - Stillman - ****
Le Silence - Bergman - **+
Un si doux visage (Angel face) - Preminger - ***
Sunday - Nossiter - ***+
Le fleuve sauvage (wild river) - Kazan - *****
Sabrina - Wilder - *****

Soit, si l'on résume, plusieurs films noirs dont deux Preminger plus ou moins bien faits, un "Big Combo" plutôt efficace , un Walsh réputé à juste titre, et un formidable Anthony Mann : La rue de la mort. Mann m'épate encore et ce film noir se place juste à côté de ce qui est peut-ête son chef d'oeuvre, ce"Marché de brutes" qui me hante encore...

Mais aussi
un film pas trop mal sur Woody Guthrie, une comédie anglaise très décevante et donc...

Sunday, un film plein de défauts, de tics très "ciné indé ricain des 90's", mais qui possède un charme tenace et certain.

Les derniers jours du Disco, bon film, mieux maîtrisé mais moins original, il est finalement plus proche d'un Mike Nichols que d'un Woody Allen comme annoncé. James Gray fera mieux, plus tard.

Sabrina, un très beau Wilder, dans un transfert DVD très contrasté et net, bien supérieur à mes attentes. Il rejoint mes Wilder préférés, doublant Double Indemnity.

Autre visionnage marquant, celui du Silence de Bergman qui fut, contre toute attente, un calvaire. Film réputé d'un cinéaste dont j'ai aimé tous les films vus jusqu'alors. Je m'attendais à un film riche, vivant et libre comme le sont "Persona", "La nuit des forains", "Monika",... La première séquence m'a scotché, je me suis cru devant le plus grand film du monde... puis, peu à peu, plan de 2 minutes sur plan de 2 minutes, j'ai lutté physiquement contre le film, faisant des pauses pour somnoler afin de mieux reprendre le cours du film. La longueur d'un plan ne m'a jamais dérangé, c'est dans ces instants que les vérités arrivent, débordent, que quelque chose se passe ou se crée. Mais là, je n'ai rien vu naître, je voyais tout mourir et le cadrage superbe s'y épuiser... Quant à cette étrange idée très partagée chez les grands (et les petits) cinéastes de placer des couloirs et des nains dans des séquences oniriques, c'est une constante que je ne comprends pas... Ma première déception Bergmanienne...

Enfin, si un cinéaste adoré déçoit, un autre se révèle. J'avais adoré, ado, "America America" de Kazan. Dès lors, ce fut déception relative sur déception relative. Même le fameux "Splendor in the grass" ne m'avait pas plu au delà... Il en est tout autrement de ce magnifique "Fleuve sauvage", filmé sans l'hystérie habituelle de Kazan, avec calme et volupté. C'est un film tout en nuances, à la photo superbe. Il prend son temps, le donne, fait naître la nature du studio. Et il révèle comme une grande actrice Lee Remick, bien plus convaincante que dans "Autopsie d'un meurtre". Elle ne laisse pas le cœur du spectateur indemne, elle l'emporte, sauvage...

mercredi 14 octobre 2009

My dusty road (avec ma valise en carton)


Le facteur, qui est une factrice, est passée ce matin. Dans sa hôte, elle avait mon coffret Woody Guthrie, My dusty road.
kèsseuséssa ?
Physiquement, c'est une valisette, en carton, recouverte d'un imprimé imitant la toile et avec un beau fermoir en fer. A l'intérieur, trois petits fac-similés rigolos mais anecdotiques, un livret d'environ 70 pages détaillant le contenu, avec un topo pour chaque chanson et quelques reproductions de textes et dessins de Woody.
Et 4 CD.
Là, je vous rappelle que l'œuvre de Woody est tombée dans le domaine public et que, par conséquent, pour 10 fois moins cher, on trouve des grosses compiles plus ou moins bien faites avec autant de titres. La plupart du temps le son n'est pas formidable (à moins de passer par les Folkways, et encore...), souvent nettoyé au karcher (comme chez Not now, même si j'aime bien les efforts de cette boîte).
Pour ce coffret, Rounder nous offre non pas un nettoyage de vieux masters, mais carrément la digitalisation récente de nouveaux masters métalliques retrouvés en 2003. Le son est absolument net, précis, impeccable. Je n'avais jamais entendu Woody de façon aussi nette.

Les 4 CD sont "découpés" ainsi :
- un "greatest hits" ; ce qui est assez stupide comme titre, et le choix est assez peu pertinant : il y a un inédit, et certains de ces chefs d'oeuvre comme Pastures of plenty sont absents du coffret (car absents de ces "nouveaux" masters je suppose). Mais peu importe, on retrouve un beau "this land is your land" avec une intro de guitare différente de ma version précédente, un "ship in the sky" que je ne connaissais que par la version de Cisco Houston, etc.
- un "woody's roots" tout beau, avec "buffalo skinners" et "Chilsom trail"
- un "woody the agitator" avec des protest songs et des hymnes anti-nazis (j'avais déjà ça sur l'interessante compile Folkways sur cette période)
- un "Woody, Cisco and Sonny" qui m'enchante car il fait la part belle à Cisco Houston qui, rappelons-le est son vieux compagnon de route et dont son disque de reprises reste la meilleure façon de découvrir Woody, par sa voix grave et chaude plus avenante que celle du maitre. Le toujours excellent Sonny Terry apporte la folie furieuse de son harmonica et une touche plus blues à l'ensemble.


Le coffret comprend 6 inédits, dont quelques bœufs. Il est plutôt destiné aux fans*.
Ça tombe bien.

Et puis, quand on vous demande d'emporter un disque sur un île déserte, le fait d'avoir la valise avec, c'est bien pratique...


* Les néophytes pourront se rabattre sur la compile et le Cisco Houston précédemment indiqués

NB : passer par amazon.co.uk, ou le marketplace d'amazon france vous fait économiser 1/3 du prix.