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mardi 2 février 2010

C'est tout vu : janvier 2010


Un petit mois pour le cinéma, mais un mois assez intensif pour les séries puisque "Breaking Bad" a occupé de nombreuses soirées. Deux saisons d'affilée.
La série est atrocement addictive et de grande qualité. Les scénaristes sont à bloc, même si déjà un peu truqueurs avec des fast forwards en pré-génériques qui se révèlent de grossiers Mc Guffins. Les effets lourdauds de mise en scène lors des séances de "cuisine" tendent à disparaître, toutefois, il faut bien l'avouer, la série tient debout plus par son scénario aussi barré que son personnage que par sa réalisation. Un épisode se révèle plus sobre, étonnamment réalisé par John Dahl (Last seduction, Red rock West...), réal habile et talentueux pourtant peu enclin à la sobriété.

J'attends donc la saison 3. Mais, avant, il faudra finir celle de Mad Men. Il est d'ailleurs à noter, qu'outre John Dahl pour Breaking Bad, j'ai vu les noms d'Agnieszka Holland dans The Wire et de Barbet Schroeder dans Mad Men. Tout cela sent bon le mélange oedipien ciné/télé pour la décennie qui commence. Soyons optimistes.

Pour le ciné, c'est le père Renoir qui emporte la mise. Quand je dis, le père Renoir, il s'agit bien sûr du fils, le père produisait des images plus statiques.

J'ai vu deux courts. Sur un air de Charleston est un films de science fiction (se déroulant en 2028, whouhou) où un homme noir venu du futur apprend le charleston d'une jeune fille rescapée parmi des ruines. Bof. Très amateur dans la réalisation, il tient par son scénario aussi,.. mais pas longtemps..
La grosse surprise est venue de "La petite marchande d'allumettes", un court absolument merveilleux. Renoir prend Andersen comme prétexte, en récit cadre (déjà sublime), pour intercaler un long épisode de rêverie/agonie. Il se laisse aller alors à une série de tableaux oniriques (ce que je déteste, habituellement), maniant les techniques issues du cinéma d'avant-garde avec beaucoup de finesse. Un film entre Chaplin, Vigo et Richter.. Rhaaaaa lovely !




Rien à voir avec la choucroute, un autre moment HéééééééééééNooooooooooooormeeeeeuuu du mois fut la vision de "A dirty shame", le dernier John waters en date que je n'avais pas encore vu. J'aime cet homme. Qui est capable d'une telle furie verbale, sexuelle et délirante dans le cinéma actuel ? C'est gros, gras, drôle (très), con (très), toujours mal foutu, bricolé avec les pieds, joué avec les yeux. Forcément, le film fut fraichement accueilli, comme d'habitude, mais, ne nous y trompons pas, c'est du Waters, donc, comme toujours, du grand cinéma, héritier de Jarry et dada, de pipi et caca. Punk.



Samuel Fuller m'avait enthousiasmé avec "Le port de la drogue" il y a peu... Ses "Quarante tueurs" m'ont bien moins convaincu... Je ne saurais dire pourquoi... On va laisser passer un peu de temps dessus, on verra comment il vieillit.


Vue aussi, la version TV du Lady Chatterley de Pascale Ferran, trois heures qui passent en vingt minutes. Un des plus beaux films de la décennie précédente, je le rappelle, le souligne et le confirme.

Vicky Christina Barcelona surprend : un Allen qui sort des sentiers battus, on s'en réjouit. Puis, au final, on se demande si c'est pas mieux quand il reprend le sentier battu (Whatever works, par exemple), car cette escapade à Barcelone est légère, certes, légère. Légère. Pfuiittt...

Pour le reste, j'ai revu Brigadoon avec plaisir et découvert Juno sans bouder mon plaisir,..

Lady Chatterley et l'homme des bois (version TV, 220min) - Ferran -*****
Quarante tueurs (forty guns) -Fuller - ***+
Vicky Christina Barcelona - Allen - ***
Brigadoon - Minnelli - *****
La petite marchande d'allumettes - Renoir - ***** (chef d'oeuvre)
Sur un air de charleston - Renoir - ***
A dirty shame - John Waters - *****
Juno - Jason Reitman - *****

Series :
Breaking Bad season 1&2 - ****

lundi 19 octobre 2009

Top of the top #1: images mouvantes des 00's


En bon trainspotter, j'ai décidé que, de temps à autres, je posterai des tops. De tout.
Je sais.
Je connais les limites de l'exercice, les réticences à "classer", "ordonner", et mettre en compétition des choses qui ne devraient pas entrer dans des cases. La vacuité de tout ça. Je sais.
Mais tant pis. J'aime ça.

Je reviendrai un jour sur un TOP 10 des meilleurs films de tous les temps, et notamment sur le travail intéressant de Tanguy Viel au Triangle là-dessus. J'avais vraiment envie de réagir sur certains points (en pour/en contre) là dessus, cependant je n'avais pas de blog à l'époque et je n'osai pas le contacter à ce sujet, plutôt trivial. ça arrive donc.

Commençons donc par un top des films de la décennie, à éditer peu à peu, rien ne saurait être définitif. Toutefois, je vais volontairement tordre ce top attendu en un top "moving pictures" pour inclure des séries.

Autre torsion. Choisir 20 œuvres est suffisamment douloureux, je ne les classerai pas par ordre de préférence, mais par grandes tendances.

1) Pôle "cinéma français"

Premier constat de la décennie : le cinéma français a très bien tenu la route, sachant insuffler du vent neuf dans la tradition de la marge.
Je garderai 5 films :
  • Notre musique - Jean-Luc Godard
Le maître assure encore. Il a offert avec ce film sa grande œuvre de la décennie (avec son expo à Beaubourg) après uen série de films décevants (Eloge de l'amour, For ever Mozart). Notre musique, en mêlant différentes esthétiques godardiennes réussit un film cohérent, neuf, puissant.

  • Roberto Succo - Cedric Kahn
  • Lady Chatterley - Pascale Ferran
  • Saint Cyr - Patricia Mazuy
Trois films qui revisitent à la française, une façon d'aborder le genre. Le film de serial-killer ou le "film en costumes". Chacun, à sa façon, replonge ça dans le réel (Kahn & Mazuy notamment) avec intelligence. Le Succo de Kahn est admirable de distance, le Saint-Cyr est bien plus Rock'n'Roll qu'il ne semble et Lady Chatterley est un grand film politique.

  • Une pure coïncidence - Romain Goupil
La DV a fait sa révolution cette décennie, Goupil l'emploie avec justesse, dans un F For Fake qui se prend pour Ocean's eleven. Film politique, oui, mais surtout un beau film de copains, un film de braquage, un beau hold-up jubilatoire du spectateur.

2) Pôle cinéma ricain

Ils s'en sortent aussi, les bougres. Notamment grâce à une poignée d'auteurs qui confirment leur talent. Ah, oui, pas de Lynch, ici. No Comment.
  • Paranoïd Park - Gus Van Sant
  • Elephant - Gus Van Sant
  • Gerry - Gus Van Sant
  • The yards - James Gray
  • La nuit nous appartient - James Gray
  • Revelations - Michael Mann
  • Bully - Larry Clark
Cette décennie, Van Sant s'impose définitivement comme un grand cinéaste, Gray apparait dans toute la splendeur de son classicisme noir, Mann fait illusion un temps, et Clark réussit son coup de poing.

3) Pôle "séries"
La nouveauté de la décennie vient de là où on attendait plus rien : la télévision. Enfin adulte, elle produit, sous l'impulsion de HBO la meilleure nouvelle cinématographique depuis longtemps. Et, elle bouleverse les dogmes : l'auteur est un "créateur", plus le réalisateur. Scandale ? Régression au temps des nababs ? Il suffit de voir les fleurons de ces créations pour être fasciné, et remettre en question pas mal de nos certitudes sur : le réalisateur, le producteur, le format vidéo, la projection... ça vaut bien une inclusion dans le top !
  • The Wire - David Simon/Ed Burns
  • Mad Men -Mattew Weiner
  • Deadwood - David Milch
4) Pôle comédie US
En voilà une nouvelle nouvelle ! La comédie US est de retour après trois décennies de vache maigres où les John Waters étaient bien rares. Si Apatow est un grand ouvrier de cela, c'est, à mon avis, plus en tant que producteur que réalisateur, même s'il est loin d'être un manche. Deux noms se détachent : Jared Hess et Adam Mc Kay, réalisateurs de films hilarants. Et un génie comique : Will Ferrell. Évidemment, ce retour a été possible grâce aux frères Farrelly qui, s'ils semblent fatigués, ont remis du piquant adulte dans un genre que l'on cantonnait au public familial.

  • Ricky Bobby, roi du circuit - McKay (ce titre français ! Pfff) (mention à Step Brothers du même)
  • Napoleon Dynamite - Jared Hess
  • Fous d'Irène - Peter Farrelly

5) Le pôle "Animation"
Où le génie de Miyazaki explose et maintient sa magnificence avec deux films formidables, où les studios Pixar parviennent à un degré de création, d'invention rarement atteint. Ils préparent également la décennie suivante grâce à la 3D, qu'ils semblent vouloir utiliser avec intelligence.

Ponyo sur la falaise - Miyazaki
Les Indestructibles - Brad Bird...


Mentions à :
Lantana - Ray Lawrence
Morse - Alfredson
Les démons à ma porte -Jiang wen
No Direction Home: Bob Dylan - Scorsese
Oss 117 : Rio ne répond plus -Hazanavicius
Le petit lieutenant, Valse avec Bachir,... etc etc