dimanche 15 avril 2012

Tout est bon dans le cochon de l'espace !

Allez, zou, on s'y remet !

Je reparlerai de ciné et de littérature un de ces quatre, si c'est un matin, ou un après-midi, ou un soir ou une de ces quatre, si c'est une nuit.

Mais, j'accumule pas mal de trouvailles musicales, il faut bien poster ça, parce que la merdouille envahit tout pendant ce temps.

Alors, on commence par un gars tout malingre. L'anti-star.
Il a le prénom d'un grand dadais pince sans rire et le nom d'un créateur de muppets, muppets comme on peut en trouver sur certains de ses formidables clips.

Keaton Henson.
Il est tout timidou, avec sa guitarounette. Il ferait presque pitié.
Puis il chante, et alors, c'est l'effet AIRWICK en grand écran, la pièce s'aère, prend tout l'espace et se gonfle de vent : Bon sang de bois, le petit gars tout mou a du talent à revendre en surstock sur lebonplanqu'ilestbon.fr!

L'album, "DEAR", autoproduit, est apparemment sorti en 2010, il ressort en grand ces jours-ci. Je l'ai pris chez Play à 10-11€, c'est à peu près ce qu'il coûte ailleurs aussi.
Il est fabuleusement bon, vous pouvez y aller les cocos.


Ah, oui, hein ! ça calme, n'est-il point ? Si je reviens après 4 mois, ce n'est pas pour défendre de la cagade !

dimanche 4 décembre 2011

Qu'as-tu donc dans ton panier ?

Le croirez-vous ? Ce blog était à l'origine un blog de rock, et, du temps d' "Un violon, un jambon", nous vous dégottions des albums de derrière les fagots tous les jours.

Je n'ai, certes, plus le temps de disserter sur ces albums quotidiennement, mais, je les cherche encore...

Voilà, pour une fois, la (bonne) pêche de ces derniers jours...

Le premier est un certain Jeffrey Cain, il a enregistré en 1972 un "For You" qui mérite bien deux oreilles. Le gars tente un peu tout, folk ancestral de l'espace, blues triste à la voix aigue, kevincoyeneries, ballade à la Prine (Jesse Colin Young est dans les parages),... Un drôle d'album sacrément réussi toujours réédité :

Introuvable... sauf sur des blogs peu scrupuleux...




Autre découverte, un album longtemps obscur et récemment réédité par Raven de ce bon vieux Jerry Jeff Walker (dont on ne cessera de louer le "Bein' free"). Cet album sans nom de 1972 a tout pour plaire, dont deux reprises parfaites de Guy Clark. Et, sans surprise, il plait ! Riche, très bien produit, varié, c'est un album vraiment essentiel de JJW par lequel on peut attaquer l’œuvre de Mr Bojangles...



Enfin, le dernier, avec cette pochette parfaite, je ne l'ai pas écouté. Sorti en novembre il est déjà épuisé : Il s'agit d'un tribute à Guy Clark, avec, justement Jerry Jeff Walker, mais aussi Kris Kristofferson, Terry Allen, Lyle Lovett, Ron Sexsmith, un duo Emmylou Harris/ John Prine et plein d'autres sur 2CD : Tu m'étonnes que c'est épuisé en quelques jours ! Même si les tribute sont souvent des exercices désastreux, comment celui-là pourrait-il être mauvais ? Attendons, alléchés...



Un poil moins essentiel, un album anglais avec pedal steel, orgue, lorgnant vers Teh BAnd, avec des accents de Steve Young. Certains titres tiennent bien le coup, ça vaut une oreille. Le gars s'appelle Ernie Graham (et ça se trouve en cherchant un peu)

samedi 3 décembre 2011

C'est tout vu : octobre novembre

Comme le jour où, après avoir vu Pink Flamingos, j'ai dû accepter le fait qu'il n'existait plus d'autres films de John Waters à découvrir, Les affameurs sont la fin d'un cycle attaqué avec ce blog : la pentalogie de westerns de Mann avec Stewart est bouclée. & en beauté.
Ces mois ci, j'ai exploré un peu plus la filmo de Shinoda avec plaisir mais sans trouver aussi fort que "Fleur pâle", j'ai revu avec délectation "Le convoi" qui me donne du grain à moudre si, un jour, je reprends "Pas Billy The Kid" ; j'ai enfin aimé un Spielberg, peut-être parce que je n'aime ni Tintin, ni Spielberg.
Repulsion ne m'a pas attiré plus que ça, et les Raisins de la colère dans la "salle Danny Boon", avec des ados, ça ne passe pas.
Pourtant, à 15 ans, on peut être aussi une fille et un film formidable de Doillon, largement supérieur à mes attentes.

J'ai vu Kelly traverser New York, et j'ai aimé ça.
J'ai vu Batman noircir New York et je n'ai pas détesté ça.
J'ai vu Un Condor passer trois jours à New York, entrer dans les tours avec une folle maestria.
J'ai vu un film noir néo-réaliste caliente egyptien, je n'avais jamais vu ça.
J'ai vu un film double qui m'a mis une fièvre tropicale monstrueuse.
J'ai vu un terroriste filmé à distance juste
J'ai vu un Déluge sans dialogue, du toujours étonnant Olmi
J'ai vu Godard, Truffaut, Rohmer rater pour une fois les premières places ce mois ci
J'ai vu les films premiers d'une Dame

MAIS, avant tout, je suis tombé sous le charme de ce double DVD "Avant garde 1927-1937 - Surréalisme et Expérimentations dans le cinéma belge" édité par la cinémathèque belge et là, c'est à tomber ! Entre les montages précurseurs de zapping ou des histoire(s) du cinéma d'Henri Storck aux hallucinantes réussites de Charles Dekeukeleire, ces DVDs sont à voir, absolument ! Les films sont bien présentés, restaurés, accompagnés de musiques contemporaines souvent judicieuses. Ce serait donc fort dommage de découvrir un chef d'oeuvre comme "Combat de boxe" sur Youtube.
Bande-annonce, vous allez en tomber amoureux.





OCTOBRE

Les affameurs (Bend of the river) - Mann - *****
Assassinat - Shinoda - ****
Les raisins de la colère - ****
La fille de 15 ans - Doillon - *****
Repulsion - Polanski - ***+

Le convoi - Peckinpah - ****
La grotte des rêves perdus - Herzog - ***+
La guerre des espions - Shinoda - ****
Un jour à New-York - Donen & Kelly - ****+
Tintin et le secret de la licorne - Spielberg - *****

NOVEMBRE

L'incompris - Comencini - ***+
Tropical Malady - Weerasetakhul - *****
The Dark Knight - Nolan - ***+
Gare Centrale - Chahine - ****+
Divers films d'Alice Guy (1897-1898-1899) - ****
Images d'Ostende - Henri Storck - ****
Pour vos beaux yeux - Storck - ****+
Histoire du soldat inconnu - Storck - ****
Sur les bords de la caméra - Storck - *****
Combat de Boxe - Charles Dekeukeleire - ***** (chef d’œuvre)
Visions de Lourdes - Charles Dekeukeleire -****
Carlos (version mini série TV) - Assayas -****+
La Genèse : la création et le déluge - Olmi - ****(déluge)
Impatience - Dekeukeleire - *****
L'introuvable (the thin man) - Van Dyke - **+
L'histoire d'Adèle H - Truffaut - **+
Vladimir et Rosa - Groupe Dziga Vertov (Godard/Gorin) - ***+
Les 3 jours du Condor - Pollack - *****
Le rayon vert - Rohmer - ***

Fais pas ci, pais pas ça - saison 4. ep. 1-6 - ****
Breaking Bad, saison 3
****

lundi 17 octobre 2011

Du livre de chiottes comme genre noble (+ teaser)


S'intéresser à la littérature, ce n'est pas seulement prendre en compte le livre, cela, la poésie sonore nous le rappelle depuis 50 ans, en instituant la littérature debout, face à ses destinataires. S'intéresser à la littérature avant tout, tous genres confondus, c'est s'intéresser à l'écriture (porte ouverte défoncée).
& l'écriture ne peut être envisagée sérieusement sans réfléchir à sa réception : lecture ou restitution publique.
Il faut réfléchir aux conditions de réception d'un texte lorsqu'on le produit car communiquer, ce n'est pas qu'émettre, et écrire de la littérature demande de réfléchir au canal, au bruit, à la destination & à la réception.

Parlons lecture.
On peut lire au chaud dans son lit, assis dans un fauteuil, allongé sur une serviette de plage, avachi sur un transat. Voilà.
Nous venons de présenter la raison pour laquelle la littérature s'est retrécie sur une forme, le livre et un genre, le roman.

Quand, soudain, le corps frappe à la porte de la littérature, pressé comme pas deux : il est un lieu où une bibliothèque différente peut prendre place : les chiottes.

Le chiotte (oui, singulier pluriel) a sa propre littérature, une sélection implacable induite par le lieu : une littérature adaptée à la littérature fragmentée, loin du roman au long cours.
S'installent alors : Poésie de tous siècles, dictionnaires de tout et de rien, petits strips de BD, guides, manuels, almanachs, Pensées (Pascal inclus), revues poétiques, etc.

Le livre de chiottes doit pouvoir être ouvert à n'importe quelle page, arrêté en route, repris plus tard.
Au lit la narration narrative en forme longue, romans et nouvelles !
"Aux chiottes, la poésie !" indiquait BoXoN sur les murs de la Galerie Meyer à Marseille, après avoir remplacé la porte des lieux par des rubans de chantier . Attention travaux. En effet, oui, le recueil tient là où le roman s'effondre. La poésie doit investir ces lieux, sa place forte naturelle.
Au diable, les afféteries et les chichis, la poésie peut tenir le siège : le fait d'y déféquer s'affecte en rien la qualité de la littérature qu'on y lit. Pas plus qu'un lit ferait d'un roman un somnifère ou qu'un transat une crème solaire.

Il faut ainsi penser les livres. Personnellement, je pense que mon "Pas Billy the kid", comme "Le Zaroff" y ont toute leur place, bien plus que coincés dans une belle bibliothèque d'un salon cosy. Ils peuvent y être lus par bribes, après (ou avant) la lecture linéaire complète. Telle est l'idée forte de la notion de recueil : une double lecture possible, complète ou fragmentaire ; linéaire ou aléatoire.

Voici une liste de 20 "livres de chiottes" parfaits, poétiques ou non, littéraires ou pas :

Alcools, Apollinaire
Poésies, Rimbaud
Œuvres poétiques, Tarkos
Pièces détachées, anthologie choisie par JM Espitallier
Toute l’œuvre de Nicolas Tardy, parfaite.
Dictionnaire des idées reçues, Flaubert
Maurice et Patapon, Charb
Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation, Louÿs
Nouvelles en trois lignes, Fénéon
Dictionnaire du pire, Legrand
L'almanach Vassiliou
Le cantode du Lobelisque, André Martel
Coupe Carotte, Lucien Suel
Guide des films, Tulard
Lettres de non-motivation, Prévieux
13427 poèmes métaphysiques, Blaine
Brèves de comptoir, Gourio
La vie de poète, Dumoulin
Manuel de survie, Piven & Borgenicht
Godard par Godard


Une maison d'édition ? L'attente
Revues ? Ouste, BoXoN, Tina

Vous pouvez, dans les commentaires, faire vos suggestions pour agrandir nos bibliothèques.

Enfin, ce post est l'occasion idéale, pour vous annoncer que, le 7 décembre, sort mon nouveau livre composé de 500 mini textes tenant dans un 10x15 de 120 pages environ. Avant ou après Noël, vous saurez où le mettre, il y aura sa place, comme un bordeaux dans un verre à Bordeaux, un champagne dans une flûte, j'espère que ces microfilms, chez vous trôneront...



Voilà les 4 premiers, en teaser :

La dégelée
Congelé à sa naissance par sa mère qui niait sa
grossesse, Jean-Pierre revient à la vie quarante ans
plus tard. Toutefois, il va rapidement être complexé
par son prénom, un peu passé de mode.

Trottons, ma tatie !
Accusée d’avoir violé le postier, Yvette joue de sa
vague ressemblance avec Michel Drucker pour
attendrir le jury par ses petites mines. Son neveu
Manolo, un être mi-nain mi-poney, va tout mettre
en oeuvre pour sortir sa « Tatyvette » de ce mauvais
pas…

Gipsychose
À la suite d’un stupide accident domestique qui le
laisse brûlé au troisième degré, Ronald, un laveur
de pare-brise roumain de 13 ans, développe
d’étranges dons de voyance. En serrant la main de
Bruce Hortefire, un flash poilant le traverse : il voit
son imminente reconduite à la frontière traitée sur
le mode auvergno-comique.

Donne la papatte
Que d’émotions dans ce film retraçant la rencontre,
entre chien et loup, entre Frédéric Lefebvre et
un chien-loup.

mercredi 5 octobre 2011

Le crevard céleste


Il ne restera rien de lui.
L'homme va crever, on va le pendre.
C'est un crevard, un pauvre écrivain sans le sou, qui n'a plus qu'une chose, des dettes, des ardoises dans les bars, les cafés. Cet homme des tavernes le sait, il ne laissera rien, il n'en restera rien.
Il fait par conséquent la seule chose à faire : son testament.

Puis il s'éclipse, disparaît, pouf, le magique dragon, on perd sa trace.
Plus de trace derrière cette trace, ce testament.
Ainsi vécut, disparut, apparut François Villon.


Et là, Vlan, on nous sort le remake ce mois-ci chez LaureLi, Villon II, le retour. Il est back in town et il n'est pas content l'highlander, il a soif, de vengeance et de binouzes.

Mais ce Villon II est malin, ce n'est pas de la fripouille rance à la Jacquouille, il revient du moyen-âge à la page équipé comme il faut, tout refait, et bien fait. Cave & grenier.

Son nouveau nom ? Manon Christophe.
Son nouveau livre ? Le testament, pardi.
Et c'est parti...

Oh puis ,non, il nous faut partir sec.
et s'imbiber avec.
Gouleyer encore un gorgeon avant de s'y attaquer, s'imbiber goulûment, s'en jeter
un
deux
un, deux, trois


Bien sais, se j'eusse étudié
Ou temps de ma jeunesse folle,
Et a bonnes mœurs dedié,
J'eusse maison et couche molle.
Mais quoi? je fuyoie l'école,
Comme fait le mauvais enfant.
En écrivant cette parole
A peu que le cœur ne me fend.
Le dit du Sage trop le fis
Favorable, (bien en puis mais!)
Qui dit: "Ejouis toi, mon fils,
En ton adolescence." Mais
Ailleurs sert bien d'un autre mets,
Car "jeunesse et adolescence",
C'est son parler, ne moins ne mais,
"Ne sont qu'abus et ignorance."
"Mes jours s'en sont allés errant
Comme, dit Job, d'une touaille
Font les filets, quand tisserand
En son poing tient ardente paille."
Lors, s'il y a nul bout qui saille,
Soudainement il le ravit.
Si ne crains plus que rien m'assaille.
Car a la mort tout s'assouvit.
chez Villon, devient Manon :

Certes, si j'avais étudié quand j'étais jeune
et si j'avais été plus raisonnable
j'aurais maintenant un bel appartement
et un lien bien douillet
mais je préférais courir les filles
et boire des coups

mes jours sont partis en fumée
exactement comme dit la chanson
telle une clope qu'on allume
et que voilà déjà consumée :
il ne reste bientôt plus qu'un mégot

je n'ai donc plus rien à craindre
la mort viendra sans tarder tout liquider


Et nous voilà bien. L'affaire est belle. Nous retrouvons Villon, ses tavernes, clins d'yeux et blagounettes privées, nous retrouvons sa vigueur vitale insufflant à la mort plus de vie que de lamentations chouinardes.
Pour le même prix, Manon nous offre, en plus,
Manon, mais pas en bonus,
en double bien senti, recollant sur les beuveries finales du poète pré-pendouillé notre jeunesse enfuie, partie dans le vent, fondue comme neige, gerbée comme un moine trappiste de Jeanlain, en 1664.
Manon traduit
mais pas only,
il rajoute sa sauce. Il actualise, certes, lexique et références mais il est bien malin et s'attaque au vers villonesque pour le démonter, lui arracher son beau rythme médiéval impossible à imiter sans tomber dans la vieillerie, sans vouloir imiter le père François. Par conséquent, il prosifie le vers, le manonise sauce Manon, en fait sa chose, domptée en bête indomptable, éprise de la liberté du scélérat.
Sans compter que l'édition est belle, incluant un bon vieux Pastiche 51 que Manon m'avait servi, on the rocks, du temps de nos jeunesses, dans mon TAPIN où boxon tenions notre état. Tout ça sous une couverture parfaite de Vincent Sardon, avec des squelettes, ce qui, vous le savez, ne peut que me seoir.
Et pointe alors l'envie irrépressible de sortir, corde au cou, dans la nuit s'en jeter un dernier, avant la route, avec Vincent, François, Christophe, et les autres...

C'est tout vu : août-septembre 2011


It's been a while, ça fait un bail, crocodaïle.
Mais mieux
vaut un post
short
comme un mini-short
que pas de post
du tout,
ce ne serait pas décent.

Alors, pour résumer la situation :
1) "Fleur pâle" de Shinoda, c'est bon comme du Melville, en japonais. Vous aimez le whisky, vous avez goûté les Nikka ? Voilà. C'est le film nouvelle vague, version Nikka. From the barrel, 52°
2) "Funny people" est bien mieux que je ne pouvais l'imaginer. Le top d'Apatow qui me convainc enfin comme réalisateur.
3) Le Guiraudie vu n'était pas à la hauteur des espérances levées par "Le roi de l'évasion"
4) Ophuls, c'est quand même un peu du Von Sternberg corseté à mort, cadré carré sur un système, bien foutu mais sans la folie furieuse du père Joseph.
5) Sturges (Preston) a une patte extrêmement personnelle dans la comédie ricaine, où la screwball la plus folle se frotte au réel le plus noir. Excellent.
6) Ermanno Olmi : Je t'aime. Même dans un film à sketch rapide.
7) Chabrol a des biches presque bergmaniennes. Un des meilleurs chacha vus.
8) Ne jamais oublier que René Clair fut très grand à ses débuts, aventurier fou, compagnon dada. On aura toujours trop tendance à suivre les avis de nos amis jeunes turcs des années 60 face à ses vieilleries pour le juger trop vite.
9) Dans la série "j'ai testé pour vous les films de Jerry Lewis à mes risques et périls", Cinderfella (Cendrillon aux grands pieds") de Tashlin fait partie des vraies bonnes surprises de sa filmo.
10) Avec "Fleur pâle", l'autre grand film vus ces deux derniers mois est cet incroyable "Naufragés de l'île de la Tortue" qui, même s'il se délite un peu vers la fin, contient d’extraordinaires moments de cinéma, des plans incroyables et une liberté rare.
11) pour Welles, Allen, Rohmer, etc, je me contenterai des notes ci dessous.




AOUT


Agora - Amenabar - ***
Délire express - D. Gordon Green - **+
Fleur pâle - ***** (chef d'oeuvre)
Sullivan's travel - Preston Sturges - *****
Pas de pitié pour les braves - Guiraudie - ***
La ronde - Ophuls - ***+
Le rêve de Cassandre -Allen - *****
La femme de l'aviateur - Rohmer - ****+
Invasion Los Angeles (They live) - ****+ - Carpenter


Septembre

Macbeth - Welles - *****
Funny People - Apatow - *****
Entr'acte - Clair - *****
Cendrillon aux grands pieds (Cinderfella)- Tashlin- ****
Le plaisir - Ophuls - ***+
The Lady Eve (Un cœur pris au piège) - Preston Sturges - ****+
Ce plaisir qu'on dit charnel - Nichols - ***+
Pravda - Godard (& Roger) - ****
Les mains en l'air - Goupil - ***+
Tickets - Olmi/Kiarostami/Loach - ****+ (5*/3*+/4*+)
Les Biches - Chabrol - *****
Les naufragés de l'île de la tortue - Rozier - ***** (chef d’œuvre)

L'espion qui m'aimait (the spy who loved me) - Gilbert - **+

samedi 13 août 2011

Bien à fond dans le Fionn

Fionn Regan est de retour. Peu après un second album, plus rock, décevant, il nous refait le coup du premier et il sait le faire, ce coup, il maîtrise ça comme un dingue, ce coup de nous faire le coup du gars qui fait le coup de lâcher du songwriting de malade comme un malade. Car, malgré son nom bizarre, son prénom ridicule en France et sa drôle de coiffure, Regan est un des songwriters les plus inspirés de ces dernières années. "End of a century" ne comprenait que des watchefandechichourle de putain de bonnes chansons et "100 acres of Sycomore" nous refait le coup du coup du malade de malade. L'influence Dylannienne est toujours forte et "List of distraction" tiendrait bien le coup au bras de fer contre "The girl from the north country" du vieux Bob.

Et pour que je m'enthousiasme pour un anglais, c'est qu'il sait écrire, ce cochon...

Peu d'extraits de "100 acres of Sycomore" sont sortis en vidéo, il faudra se contenter de ce live dans une voiture, aux légers accents Coheniens. La voiture ne peut malheureusement accueillir les belles cordes graves présentes sur la version enregistrée...




L'album sera écoutable dans 2 jours sur les sites habituels...

mercredi 13 juillet 2011

C'est tout vu : juin 2011


Juin a commencé par une course en slip à travers les forêts et s'est terminé par un serpent albinos dérangé du bide.
Le roi de l'évasion d'Alain Guiraudie est un film neuf. Un film d'une liberté incroyable, un karcher à cliché, qui fait un bien fou. On y voit enfin ce que l'on ne voit jamais au cinéma (et pas seulement français) : une beurette qui ne joue pas le rôle d'une beurette, un vendeur de tracteur homosexuel, les villas neuves de la campagne française, les cafés qui servent des assiettes de charcuterie, un jean moulant le gourdin d'un vieux,... Le film est à la fois proche de la réalité la plus solide et, en même temps, totalement fantasque, nous embarquant, entre autres, dans un trafic de dourougne, une racine qui donne envie de baiser et qui fait courir vite. C'est un film aussi fou et libre qui mêle l'audace de John Waters, la fuite en avant de Pierrot le Fou, les paysages de Depardon.. C'est un film unique et hilarant. Un cliché ridicule de critique a fait qu'un jour l'adjectif "Jouissif" s'est retrouvé partout, n'importe comment. Il serait, pourtant, pas si mal dans ce cas là... "Le roi de l'évasion" est en tout cas jouisseur en diable et cette jouissance constante et totalement communicative. J'adore !

Qui m'aime me suive est un film raté et très décevant de la part d'un gars qui avait pourtant su réussir une comédie pas trop mal (Nos enfants chéris).

My Own private Idaho n'est pas le Van Sant le plus réussi, c'est encore un peu truqueur, avec des tics 90's... Mais ça promettait alors de belles choses qui sont effectivement arrivées ensuite... L'influence (ou la proximité) d'Hal Hartley, peu évidente ensuite, est pourtant évidente

Cyrus dépaute et épate par son décalage avec ses modèles. Jouant avec les codes (et les acteurs) des comédies Apatow, McKay tout en biaisant le regard, le traitement. les réalisateurs jouent sur les attentes, les déçoivent et proposent à la place un ton plus doux, léger, totalement inattendu. Les acteurs sont parfaits et montrent là encore une palette différentes de leurs rôles habituels. La réalisation est intéressante, proposant deux trois inventions personnelles. Une très bonne surprise !
Peter Ibbetson est un autre grand film, une féerie réaliste et réussie, sobre et enlevé, un magnifique classique ! L'onirisme qui me gongle habituellemnt est ici parfaitement maîtrisé car fondu dans la réalité. Gary Cooper est plus parfait que jamais.

Le mois fut beau, car Côte 465 est également un putain de bon film. Je continue ma découverte de la filmo de Mann et ce gars impressionne à chaque fois. Après avoir réalisé des westerns parfaits, des films noirs exemplaires, il claque un film de guerre sec, sobre et nickel.

Shane est bon, mais sa réputation est telle que je fus un poil déçu, malgré ses qualités évidentes.

Enfin une déception. J'ai misé souvent, notamment sur ce blog, sur le potentiel de Jared Hess. Mais Gentlemen Broncos, malgré ses choix délirants, son délire graphique, déçoit. Après avoir proposé autre chose avec Super Nacho (Nacho libre), il retourne au bercail de Napoleon Dynamite, mais, il a beau l'agiter comme un dingue, la mayonnaise reste liquide, un truc a foiré en route. Une question de proportion des ingrédients, certaienemnt. Trop de délire, des freaks trop freaks, et à côté des blagues qui font plouf... (à l'exception de ce formidable serpent blanc au transit intestinal dérangé)...
JUIN
Le roi de l'évasion - Guiraudie - *****
Qui m'aime me suive - Cohen - *
My own private Idaho - Van Sant - ****
Cyrus - Duplass & Duplass - *****
L'homme des vallées perdues (Shane) - Stevens - ****

Certains l'aiment chaud - Wilder - *****
Peter Ibbetson - Hataway - *****
Côte 465 (Men in war) - Mann - *****
Gentlemen Broncos - Hess - **+